Un moyen établi en droit… pour agir sur le terrain -résolution 2139-

Après l’adoption de la résolution 2139 sur l’aide humanitaire à la Syrie,
le ministre des Affaires Etrangères du Royaume-Uni, William Hague, a fait le 24 février dernier une déclaration devant le Parlement, dont on trouvera plus loin un extrait.

Il perçoit dans l’adoption de ce texte un rai de lumière face à une situation horrifiante et qui ne fait qu’empirer. Il rappelle ainsi les chiffres :

  • 5.000 morts par jour estimés
  • 250.000 personnes prises au piège et affamées dans des zones assiégées
  • bombardements incessants de civils au moyen de barils d’explosifs et bombes à fragmentation
  • 11.000 détenus torturés et exécutés
  • 2,5 millions de réfugiés…

La recherche d’une solution négociée s’est heurtée lors de la réunion dite de Génève II à un blocage de la part du régime en place, précise-t-il, en dépit d’un ordre du jour pour un prochain round prenant en compte les priorités des deux parties.

La résolution 2139 adoptée ce 22 février 2014 exige la cessation immédiate de la violence, la levée du siège des zones encerclées, l’accès à l’aide humanitaire, y compris par voie transfrontalière.

Le soutien financier international, que la Grande-Bretagne par la voix de William Hague indique promouvoir de manière exemplaire, est évoqué, notamment en direction des réfugiés.

Cette déclaration du chef de la diplomatie britannique a le mérite de constituer un clair rappel des faits et une prise de position louable.

Mais à ce stade, il y a bien longtemps que les faits sont établis et que l’urgence humanitaire est patente. Elle l’est depuis mars 2011, soit trois ans, dès les prémices du soulèvement populaire syrien, alors que le régime entendait par des exactions ostentatoires rappeler à la population la nécessité de la peur et lui signifier le message d’une terreur jamais éloignée pour tout opposant déclaré.

Faute d’avoir su éteindre les premières flammes, la communauté internationale s’est retrouvée aux prises avec un incendie qui touche d’autant plus la Syrie qu’il en a dépassé les frontières.

La Résolution 2139, votée à l’unanimité, représente
une nouvelle possibilité d’agir,
un moyen établi en droit pour enfin mener une action concrète de terrain.

Le défi est donc bien désormais d’agir et de s’en donner les moyens.

Le temps n’est pas à s’interroger sur  la pleine « compliance » politique des Etats alliés potentiels ou avérés, notamment les pays voisins et ceux du Golfe. Le passage d’une révolte populaire au pourrissement militaire n’a pas seulement abouti à une crise humanitaire majeure, il a aussi fait le lit de l’Etat Islamique en Irak (EII), qui n’en demandait pas tant pour se proclamer en 2013 l’Etat Islamique en Irak… et au Levant (EIIL) ! Ou encore pour que le Hesbollah, de l’autre côté, ne vienne apporter son aide inhumanitaire au régime Assad.

Ne pas traduire la résolution 2139 dans les faits serait une nouvelle erreur stratégique majeure.

Ne pas en tirer le plus complet parti sur le terrain conduirait à inscrire « l’actualité » syrienne dans les tablettes les plus noires de l’histoire humaine.

Et même si cela fait trois ans, il y a urgence à agir.
A moins que ce ne soit, « parce que »…

 

Extrait de la déclaration de William Hague

(…)
« On Syria on Saturday the United Nations Security Council adopted Resolution 2139 on Humanitarian Assistance, which the United Kingdom called for and co-sponsored. This is the first Resolution adopted by the Security Council on the humanitarian crisis since the start of the conflict three years ago, and it was agreed unanimously.

It demands an immediate end to the violence, the lifting of sieges of besieged areas, and the unimpeded delivery of humanitarian aid including, importantly, across borders where necessary. It authorises the UN to work with civil society to deliver aid to the whole of Syria. It condemns terrorist attacks, and demands the implementation of the Geneva Communiqué leading to a political transition, and says this should include the full participation of women.

The passing of this Resolution is an important achievement, but it will only make a practical difference if it is implemented in full. We will now work with the United Nations and our partners to try to ensure that the regime’s stranglehold on starving people is broken.

The UK continues to set an example to the world on humanitarian assistance. Our contribution to the Syrian people now stands at £600 million; £241 million allocated for humanitarian assistance inside Syria, £265 million to support refugees in Jordan, Lebanon, Turkey, Iraq and Egypt; and £94 million of allocations currently being finalised.

We have pressed for other countries to do more, including at the Kuwait Conference last month that resulted in more than $2.2 billion in new pledges.

The Security Council Resolution is a chink of light in an otherwise bleak and deteriorating situation. An estimated 5,000 Syrians are dying every month. A quarter of a million remain trapped in areas under siege. The bombardment of civilian areas with barrel bombs continues unabated, and there are reports of attacks with cluster munitions as well. An Inquiry led by distinguished British experts reported on the photos of the bodies of around 11,000 tortured and executed Syrian detainees. Two and a half million Syrians are refugees in the region, three quarters of them women and children. The UN expects 4 million refugees by the end of this year.

Against this horrifying backdrop we continue to seek a negotiated settlement to the conflict. But there is no sign of the Assad regime having any willingness whatsoever to negotiate the political transition demanded by the UN Security Council.

The second round of Geneva II negotiations ended on 15th February without agreement on future talks. UN and Arab League Envoy Lakhdar Brahimi had proposed an agenda for a third round of talks focussing on violence and terrorism – the regime’s stated priority – and a Transitional Governing Body, in parallel. The regime refused this. As a result the talks were suspended with Mr Brahimi clearly laying responsibility for this at the regime’s door.

The National Coalition, by contrast, approached the negotiations constructively and in good faith. They published a statement of principles for the Transitional Governing Body, stating that it would enable the Syrian people to decide their own future and protect the rights and freedoms of all Syrians.

Those supporting the regime side, including the Russian and Iranian governments, need to do far more to press the regime to take this process seriously and to reach a political settlement, as we have done with the opposition.

(…texte complet de la déclaration de William Hague devant le Parlement)

———————-

Source ONU, texte de la Résolution 2139 :

Security council unanimously adopts Resolution 2139 to ease aid delivery to Syrians, provide relief from « chilling darkness » 

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1 commentaire

  1. shamiyyé

     /  5 mars 2014

    Jusqu’à quand ? Quel est l’avenir de la Syrie ….

    Répondre

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