Sentiment d’abandon et d’incompréhension de la population syrienne

Extraits de l’entretien de Jean-Pierre Filiu sur le site de RFI, Radio France International (17 juillet 2013) :

« (…) on est face à une révolution qui était pacifique, qui a subi une répression atroce par le régime, qui a été contrainte de se militariser et qu’aujourd’hui il y a, effectivement plus de 100 000 morts et surtout des pertes qui croissent de manière affolante chaque semaine. Il est possible qu’on arrive à 200 000 morts avant la fin de l’année si rien n’est fait pour arrêter la machine de guerre de Bachar el-Assad. »

« (…) on pâtit d’une erreur de perception sur la nature profonde de la révolution syrienne. C’est une révolution pour la dignité, pour la liberté. Et les populations qui ont rejeté le joug de Bachar el-Assad n’accepteront jamais de passer sous la tutelle de nouveaux maîtres même si ceux-ci se drapent dans la dignité de l’islam ou de la révolution. » (…)

Ce point de vue relatif à la nature de la révolution syrienne est également celui que j’exprimais dans  « Une impasse syrienne, vraiment? ». Il n’y aura ni lecture utile des événements en Syrie, ni décision internationale éclairée sans prise en compte des données profondes propres à la société syrienne, laquelle ne constitue pas le terreau propice à la prédominance de l’islamisme radical.

En revanche, l’incapacité des institutions internationales à agir face aux crimes manifestes contre l’humanité et aux destructions de masse perpétrées par le régime Assad a un coup humain démesuré et est porteuse de dangers de long terme.

Ces crimes sont inacceptables par leur nature, leur extension, leur durée et le degré atteint dans la barbarie.  Mais au-delà, l’indécision et l’inaction de la communauté internationale, Europe en tête, ont un coût géopolitique exorbitant. Seuls le régime Assad et ses soutiens, l’Iran et la Russie de Poutine, peuvent en tirer parti, aux côtés précisément de l’islam radical, pour qui la déstabilisation constitue un contexte favorable au développement de ses visées régionales et transnationales. L’islam radical n’en demandait pas tant…

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Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Jean-Pierre Filiu sur le site de RFI, Radio France International : «Les Syriens ont un grand sentiment d’abandon, d’incompréhension»

Autre article consultable sur le site de RFI :
(cliquer sur l’image ou le lien infra)

Homs juillet 2013

Syrie : à Homs, les quartiers insurgés vivent en état de siège, selon des réfugiés.

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